Lead Hangar: Quel est le thème général du prochain album : Overcome Pain ?
Youssef Benseddik: Nous avons essayé de traiter de la vie sociale, de la vie en tant que personne, et aussi de comment surmonter les douleurs, et les compromis, mais aussi des différents moyens « disponibles » pour mener sa vie à bien, en corrigeant le comportement avec autrui. « Better Day » par exemple parle d’un nouveau commencement, ou d’un avenir meilleur aussi bien pour le groupe que pour la majorité des gens.
L.H.: L’album sera formé de combien de titres ?
Y.B.: Entre huit et neuf, avec entre autres : « Intro« , « Better Day« , « Overcome Pain« , « Justify« ..
L.H.: Quelles ont été vos inspirations ?
Y.B.: Nous sommes fortement inspirés par Meshuggah, depuis le tout début, quand on jouait du Death, puis nous nous sommes orientés vers du Prog après qu’Ismail et Samir nous aient rejoint. Le style que nous jouons actuellement est un mélange de Stoner et de Rock sudiste, mais n’empêche, nous tenons toujours nos inspirations de Meshuggah même s’ils n’y a pas vraiment de rapport entre ces genres. Les paroles sont inspirées de nos vies, et de la routine de tous les jours.
L.H.: La pochette du prochain album et le nouveau logo ne passent pas inaperçus, qui en est l’auteur ?
Y.B.: C’est Ismail qui s’occupe du design et tout, c’est lui le graphiste.
L.H.: Quelles ont été les contraintes auxquelles vous deviez faire face ?
Y.B.: Pas de problème de local hamdoulah grâce à un partenariat avec l’Institut Français de Rabat. Par contre, on souffrait d’un manque d’esprit de groupe au début quand on jouaient toujours du Death, ce qui a poussé à un changement de batteur, à des changements de batteurs, Amine (Ex-Chemical Bliss) a participé à la composition de 5 morceaux du nouvel album, mais a été remplacé par Hamza (Old School) en Novembre après qu’il soit parti aux États-Unis. Nous avons aussi eu des problèmes d’enregistrements, et de matos, mais je peux dire que par rapport aux autres groupes, ça marche pas mal, nous avons la possibilité d’acheter du matériel, sauf qu’on ne trouve pas toujours LES instruments adéquats. Il y a un sérieux manque de magasins, qui est aussi causé par la faible pérennité des groupes marocains je crois, oui, c’est sûrement la cause du manque de revendeurs d’instruments typés Metal. Les CD aussi posent problème.. Nous devons être membre de la BNDA pour les droits, mais ce n’est pas possible en tant que personne physique ou groupe, il faut d’abord passer par une entreprise, un label, ou une association, et ce n’est pas toujours évident.
L.H.: Quelle serait alors la date de sortie du prochain album Overcome Pain ?
Y.B.: Si tout se passe bien (et je l’espère), l’album sortira en été 2011. Nous avons failli perdre un disque dur la dernière fois à cause des inondations à Casa, et y avait une grande partie de nos titres dessus.
L.H.: Une tournée promotionnelle en vue ?
Y.B.: J’y pensais justement hier, nous allons voir avec le directeur de l’Institut Français, et avec l’association Decibel, peut être qu’on aura la possibilité d’avoir dans les 15 dates, et jouer dans chaque ville où il y a un Institut Français. Nous serons certainement le premier groupe de Metal à faire une tournée promotionnelle au Maroc.
L.H.: Une question en relation avec notre dossier du mois, que pensez vous de la Scène Rock/Metal au Maroc ?
Y.B.: Inexistante. A part L’Boulevard et Mawazine (y a un bout de temps). Mais depuis la suppression de la catégorie Rock/Metal de Mawazine, il n’y a plus rien à Rabat sinon l’association Decibel et l’Institut Français. De rares associations organisent des concerts, récoltent l’argent et disparaissent. Plus de concert à Casa non plus depuis les évènements sur le « satanisme ». Les concert avec une sono de 1500 Dh, des tickets à 70Dh, et on ne nous donne même pas l’équivalent de la paie en transport ne peut être considéré comme un concert au vrai sens du terme. Pour ce qui est du public, tout le public veut avoir son propre groupe, c’est le problème au Maroc. Le public assiste à deux concerts, et plus rien parce qu’il est devenu « groupe ». Il y a le manque de culture musicale, et dès que le public devient groupe, il n’assiste plus au concert. Question de prestige… Chacun ses propres raisons, mais n’empêche. On ne peut quand même pas donner de réponse générale à cette question sur le public. Le niveau des concerts reste nul : Soit pas de public parce que pas de concert en bonne et due forme ou encore en manque de qualité, ça a peut être une relation avec le pouvoir d’achat aussi, les tickets sont considérés comme chers des fois. La scène n’est pas totalement inexistante, mais elle n’existe pas physiquement/au vrai sens du terme. Pour moi, un groupe ne peut être considéré comme professionnel s’il ne joue pas régulièrement sur scène, auquel cas, les musiciens perdront la main.
L.H.: Qu’en est-il des fans ?
Y.B.: Ne parlons pas de fans.. Enfin, les « fans » sont majoritairement des personnes qui nous connaissent – amis éventuellement – ceux qui assistent à nos concerts, qui nous encouragent et qui ne critiquent pas que pour le plaisir. Ils ne sont pas les seuls, mais le reste est une minorité. La dernière fois, j’au lu un commentaire d’un mec du Danemark sur le clip de « Better Day » : « Greetings from Danemark », et ça fait énormément plaisir. Quand on trouve une bonne critique bien fondée ou un encouragement, on est heureux.
L.H.: Un dernier message à transmettre ?
Y.B.: J’ai un message aux groupes, n’arrêtez pas, continuez à jouer votre musique, persévérez !
Il y a de bons groupes qui ont arrêté, et après une période assez importante quand même : Anaconda et Nightmare après 8 ans, Syncop arpès 5 ans…


















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